L’ONG « Voix de Femmes » a été mise au courant à travers les réseaux sociaux, de la note d’information n°2023 -014/MESRI/SG/UNZ/P datée du 03 mars 2023 de la Présidence de l’Université Norbert Zongo adressée à la communauté universitaire et par laquelle il est fait état de la présence d’enfants et de nourrissons dans les amphithéâtres et autres salles de l’université pendant le déroulement des activités académiques. Il est signalé dans cette note que la présence des nourrissons constitue non seulement une violation des règles régissant le fonctionnement de l’Université, mais présente un risque pour ces derniers. Ces propos sont étayés par l’allusion à un incident survenu au sein de l’Université et qui aurait exposé les enfants et les nourrissons à des risques de blessures graves.
L’ONG « Voix de Femmes » déplore une telle situation qui constitue une atteinte grave au droit à la sécurité et au bien-être des enfants. Cette présence des enfants et nourrissons au sein de l’Université Norbert Zongo est loin d’être un cas isolé au Burkina Faso. Dans les services publics et privés, dans les marchés et Yaar, on constate de plus en plus la présence d’enfants et de nourrissons au côté de leurs mères, dans des conditions qui mettent en danger l’intégrité physique des enfants. Pourtant, il n’existe aucune incompatibilité entre l’exercice par les femmes et les filles de leur droit au travail ou à l’éducation et la protection des droits des enfants car, aussi bien les droits des enfants que les droits des femmes/filles sont garantis par des instruments juridiques régionaux et internationaux ratifiés par le Burkina Faso.
En effet, l’Etat a ratifié la Convention des droits de l’enfant (CDE) et la Charte africaine des droits et du bien-être des enfants (CADBE) qui consacrent le droit des enfants à la sécurité. L’article 5 de la CADBE engage l’Etat à prendre des mesures garantissant « la survie, la protection et le développement de l’enfant ». Le Burkina Faso est également partie à la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme (CEDEF) et au Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples communément appelé Protocole de Maputo. Ces deux instruments engagent les Etats parties à prendre toutes les mesures pour rendre effectifs les droits des femmes et des filles, notamment leur droit au travail et à l’éducation. L’article 12 du Protocole de Maputo fait obligation aux Etats parties de prendre des mesures pour garantir aux femmes/filles une égalité des chances et d’accès en matière d’éducation et de formation.
Ainsi, l’ONG « Voix de Femmes » interpelle l’Etat à respecter ses engagements pris pour la promotion, la protection et la réalisation des droits des enfants et des femmes/filles à travers notamment la réalisation d’infrastructures d’accueil et de garde des enfants. Consciente des limites de l’Etat, surtout en ces temps où le pays traverse une crise humanitaire sans précédente, l’ONG interpelle les partenaires techniques et financiers ainsi que toute personne à accompagner l’Etat dans la réalisation de telles infrastructures afin de renforcer l’autonomisation économique des femmes/filles ainsi que le bien-être des enfants.
En cette journée commémorative des droits de la femme, « Voix de femmes » réaffirme son engagement dans la lutte pour les droits des femmes/filles. Elle renouvèle son encouragement à toutes ces femmes/filles qui se battent sans cesse pour la jouissance de leurs droits en général et de leurs droits à l’éducation et au travail en particulier. Le pays, pour son développement a besoin du travail de ces filles et fils.
Ainsi, l’ONG « Voix de Femmes » :
– Déplore l’exposition des nourrissons aux dangers au sein de l’Université Norbert Zongo en particulier et dans les espaces publics (marchés, yaar, services public et privés …) ;
– Interpelle l’Etat quant au respect de ses engagements en matière de protection des droits des enfants et des femmes/filles ;
– Recommande à l’Etat, avec le soutien de ses partenaires techniques et financiers ou de toute personne, la construction d’infrastructures d’accueil et de garde pour les enfants et les nourrissons, accessibles et acceptables pour tous les enfants et les nourrissons sans aucune distinction ;
– Réaffirme son engagement à lutter pour la promotion des droits des femmes/filles et des enfants.
La Présidente de Voix de Femmes
Madame Mariam LAMIZANA
